Logiciels (LAP, LAD) : obligation de certification annulée par le Conseil d’État

[2018-07-12] C’est une victoire pour le SNITEM et pour la société Philips France : le Conseil d’État a rendu sa décision le 12 juillet 2018 et a annulé le décret français n°2014-1359 du 14 novembre 2014 qui soumettait les Logiciels d’Aide à la Prescription médicale (LAP) et d’Aide à la Dispensation (LAD) à une certification obligatoire avant leur mise sur le marché.

Pour faire un bref résumé de l’historique, il faut rappeler que ces logiciels n’étaient pas considérés en France comme des dispositifs médicaux (comme cela est précisé sur le site de l’ANSM au paragraphe 2) : c’est pourquoi ils n’auraient été soumis à aucun contrôle, d’où la décision qui avait été prise par décret en 2014 de les soumettre à une certification obligatoire avant leur mise sur le marché.

Mais dans d’autres pays de l’Union européenne, ces mêmes logiciels étaient soumis au marquage CE, ce qui aurait dû permettre leur libre circulation dans tous les pays de l’UE. Devant cette contradiction, la société Philips France, soutenue par le SNITEM, avait fait un recours devant le Conseil d’État pour contester la légalité du décret en question, et l’affaire avait été portée auprès de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE), afin que soit tranchée au préalable la question de la qualification de ces logiciels : DM ou pas DM ? La décision de la CJUE a été rendue le 7 décembre 2017 (voir notre article précédent) : elle a considéré que ces logiciels étaient bien des dispositifs médicaux, lorsque l’une des fonctionnalités permet l’exploitation de données propres à un patient, aux fins, notamment, de détecter les contre-indications, les interactions médicamenteuses et les posologies excessives.

Fort de cette conclusion, il ne restait plus au Conseil d’État qu’à annuler le décret contesté du 14 novembre 2014, ce qui vient d’être fait.

La Haute Autorité de Santé (HAS) a pris acte de cette décision, toutefois elle n’abandonne pas la certification de ces logiciels, qui devient simplement volontaire – et non plus obligatoire – mais fortement recommandée (par la HAS) en sus du marquage CE.

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

Code de la santé publique : adaptation du cadre national aux exigences du RDM et du RDMDIV

[2026-04-21] (Accès libre) Le Code de la santé publique (CSP) français a récemment été modifié, à la suite de la publication, le 21 avril 2026, au Journal officiel de la République française (JORF) de 2 décrets relatifs aux dispositifs médicaux...

Commission européenne : guide et manuel sur la classification et les produits frontière

[2026-04-20] La Commission européenne a publié le 20 avril 2026 une mise à jour du guide relatif à la classification des dispositifs médicaux (DM) selon le…contenu réservé à nos abonnés Premium <div id="load" style="border: 2px solid #000; padding: 25px; font-size:...

Salon sur la souveraineté numérique 30 juin et 1er juillet à Paris

[2026-05-06] (Accès libre) Alors que les enjeux de souveraineté prennent de l’ampleur, nous vous signalons le Salon Souveraineté Numérique 2026 qui aura lieu les 30 juin et 1er juillet 2026 à Paris (Porte de Champerret). Intitulée « Pour une souveraineté...

Swissmedic : plusieurs mises à jour pour la vigilance des DM

[2026-04-01] Swissmedic (Institut suisse des produits thérapeutiques) a actualisé, fin mars et début avril, plusieurs documents en relation avec les activités de vigilance (incidents graves,…contenu réservé à nos abonnés Premium <div id="load" style="border: 2px solid #000; padding: 25px; font-size: 20px;...